Joie

Intense.

Du bonheur en barres, en somme.

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Compte-rendu n°2

-Bon, je dois repeindre le mur. Je suis là pour repeindre le mur, ne l’oublions pas.
-Mais, José, j’ai peur !
-Tout va bien, Georgette. La situation est sous contrôle.

(Essoufflement de la situation)

-Hé José !
-Ouais José !

(Rires du protagoniste entrant qui ne s’attendait pas à s’appeler José)

-José ! (rire)
-Oui José !
-(rire) je t’ai amené tes pots (rore) de peinture (rure) !

(À ce moment, tout le monde est hilare, sauf le José originel : il est beaucoup trop fort)

-Bon mon José (rire), je vais sortir de la maison avec Georgette. C’est un vrai labyrinthe.

(Sortie de scène hilare)

Compte-rendu n°1

Le rugueubi, plusse qu’un sport, c’est un art de vivreu.

Le rugueubi, c’est le sang, c’est la famille, c’est l’odeur du barbecue pendant la sécheresse.

Avé les coupaings, on vit le rugueubi. On est le rugueubi. On est la terre de nos ancêtres.

Avant le rugueubi, c’est le cassoulé, pour prendre des forces, et ensuite c’est la communion avé la terre.

Le ballon, tu le vois, tu le protèges. Tu lui sautes dessus, tu manges la boue mais c’est pas grave, tu le protèges parce que c’est le sang. La famille. Tu te prends des gueulatines, mais tu protèges le ballon que c’est ça le rugueubi.

Au fait

Qu’est-ce qui est petit, et marron ? demande l’énergicien.
– Bah, un marron. Elle est connue, répond le manie-po.
– Perdu, c’est une crotte de lapin ! Ha ! Je t’ai eu !
– Non mais j’ai choisi de croire que c’était un marron, comment peux-tu nier cela ?

À ces mots, l’énergicien ne se sent pas bien droit,
Et pour montrer son désarroi,
Il ouvre un large bec, laissant monter sa voix :

– Mais ! Tu as raison, certes. D’ailleurs, tu peux noter que j’ai dit certes et que j’ai perdu. Mais c’est pas parce que t’as raison que c’est vrai, d’abord.

Il faut voir loin

(Aïe, ma tête)

J’en étais où ?
Ah oui. Il faut voir loin, c’est ce qu’on m’a toujours dit.
Préparer ton futur.

(Aïe, ma tête)

Préparer, donc, parce que sinon tu ne seras pas au point, tu ne réagiras pas comme il faut,

(Aïe, ma tête)

bref tu es dans quelque chose de marron et à la consistance peu ragoûtante.

(Une aspirine ça devrait le faire)

Finalement, j’ai tout prévu, puisque j’avais peur du caca.
Et mal m’en a pris, ça n’a pas du tout servi.
Saloperie de grippe.

(Aïe, ma tête, mais moins qu’avant quand même)

J’ai embrassé une fille

Ça n'a jamais été ce que j'avais prévu
Pas mon intention
J'étais devenue si téméraire, verre en main
J'ai perdu ma discrétion
Ce n'est pas comme si j'étais habituée
Je veux juste essayer
Je suis curieuse de toi
Tu as piqué mon attention

J'ai embrassé une fille et j'ai aimé ça
Le goût de son rouge à lèvre à la cerise
J'ai embrassé une fille juste pour essayer
J'espère que mon copain n'en est pas gêné
Je me sentais mal
Je me sentais bien
Ça ne veut pas dire que je suis amoureuse ce soir
J'ai embrassé une fille et j'ai aimé ça
J'ai aimé ça

Non, je ne connais même pas ton nom
Peu importe
Tu es mon jeu expérimental
Juste la nature humaine
Ce n'est pas ce que font les bonnes filles
Pas la manière dont elles devraient se comporter
C'est confus dans ma tête
Difficile d'obéir

J'ai embrassé une fille et j'ai aimé ça
Le goût de son rouge à lèvre à la cerise
J'ai embrassé une fille juste pour essayer
J'espère que mon copain n'en est pas gêné
Je me sentais mal
Je me sentais bien
Ça ne veut pas dire que je suis amoureuse ce soir
J'ai embrassé une fille et j'ai aimé ça
J'ai aimé ça

Nous, les filles, sommes si magiques
Peau douce, lèvres rouges, tellement embrassables
Dur de résister, tellement touchable
Trop bon pour le nier
Ce n'est pas grand chose, c'est innocent

J'ai embrassé une fille et j'ai aimé ça
Le goût de son rouge à lèvre à la cerise
J'ai embrassé une fille juste pour essayer
J'espère que mon copain n'en est pas gêné
Je me sentais mal
Je me sentais bien
Ça ne veut pas dire que je suis amoureuse ce soir
J'ai embrassé une fille et j'ai aimé ça
J'ai aimé ça

C’est l’histoire de George.

George est le héros. George a droit à son histoire. George n’aime pas qu’on mette un s à son nom.

Aujourd’hui, George va au marché. C’est ce qu’il a décidé. Malheureusement, il n’y a pas de marché, mais ça George ne le sait pas.

Il va au marché, donc. En marchant, logiquement. Marcher, c’est fatigant, mais c’est nécessaire. C’est ce que George a choisi de croire.

George passe devant l’église en ruine. C’est beau, une église en ruine, pense George. Ça rappelle le temps qui passe, qui détruit lentement les choses, et qui laisse toujours des traces. Ça rappelle que mamie elle allait à l’église. Mais que mamie est morte, maintenant. George est un peu triste, juste un peu. Elle était gentille, mamie, c’était la meilleure mamie. Mais bon, c’est le passé.

George passe devant le pont en ruines, celui au-dessus de la rivière asséchée. C’est beau, ça aussi, pense George. Le temps, tout ça. Et la rivière qui ne parle plus. Elle est morte, comme mamie. Avant, on pouvait se baigner dedans. Mais bon, c’est le passé.

George passe devant la maison de mamie. Elle est en ruines, elle aussi. George se dit que ça fait longtemps qu’il n’est pas passé là. Depuis que mamie… Non, ce n’est pas la peine d’y penser, c’est le passé.

George passe devant le cimetière. Il passe vite, parce qu’il n’aime vraiment pas cet endroit. Non, vraiment. C’est l’endroit où mamie… Non, ce n’est pas la peine d’y penser, c’est le passé.

George passe devant la mairie. Elle est en ruine, mais ça George ne le sait pas. Il ne la voit pas, il est trop occupé à aller au marché.

George arrive au marché. Il n’y a pas beaucoup d’étals, pense George.

Mais bon, il voit ce qu’il cherche.

Mamie, en train de choisir ses carottes.

Mamie, qui était morte juste après lui, bien avant que la rivière ne s’assèche.